dimanche 11 novembre
Transfert prochain ...
Je vais prochainement déménager chez over-blog
samedi 06 octobre
[Chut] Sablier humain
Dans le monde, une personne meurt du sida toutes les 10 secondes. C'est le message que Sidaction veut de nous faire passer avec leur nouvelle campagne de pub de sensibilisation. Ce n'est pas du matraquage, ou de la morale à deux balles, mais l'on parle de moins en moins du SIDA comme d'une maladie mortelle. Le traitement miracle N'EXISTE PAS !!!!! On peut soulager, mais guérir ... N O N !!!
Site de l'auteur, Dimitri Daniloff : http://marcassin.org/dimitri_daniloff
dimanche 23 septembre
[...] Misère au quotidien - Daily Misery
Notes de l'auteur : Ceci est mon pemier film, ayant pour ambition d’approcher la réalité de la rue tout en montrant les difficultés que pouvait endurer les SDF au quotidien. Suite à l'intervention de policiers et d'ambulanciers par 3 fois (interdiction de filmer) j'ai essayé au mieux de retranscrire l'atmosphere de cette soirée. Cela dit ca reste un film amateur. N’hésiter pas à me faire part de vos commentaires.
Author's notes : This film is my first one, trying to put emphasis and reality about street life. The aim was to show the difficulties faced by homeless aspiring to remake an accurate feelings about this evening. The atmosphere was just hard to believe, Police and Ambulance came 3 times in a row, but I was not allowed to film it. Therefore, I tried to put feelings so as to approach misery in a different way we could saw it usually. Do not hesitate to give your point of view!
Daily Misery - Misère au quotidien
envoyé par YMarechalProduction
vendredi 21 septembre
[Pub] Test de Google AdSense
jeudi 20 septembre
[...] Je suis armé de questions ! Attention !!
C'est affligeant ... un étudiant, profitant de la présence de John Kerry, décide de poser quelques questions embarrassantes au sénateur. Avez vous été membre d'une organisation secrète à Yale avec George Bush ? Le service de sécurité le pousse vers la sortie, tant bien que mal. Une fois au sol et menotté, entouré de plusieurs policers, il hurle : "Ne me TASEZ PAS !!!". Oui, le Taser ou Tazer est roi en ce moment un peu partout sur la planète. Il peut être très efficace mais là ... Le mec n'est armé que de questions et d'un dangereux livre jaune, il est au sol et menotté, entouré de gaillards ... Je ne comprends pas ...
jeudi 06 septembre
[Spot] Amnesty International
Voici le dernier spot publicitaire d'Amnesty International pour sensibiliser sur l'importance des pétitions. C'est magnifique tellement l'image utilisée est parlante. Je me vois encore refuser de signer telle ou telle pétitions devant le Cnit de la Défense ...
Petition Amnesty International
Plus d'info ici :
mercredi 05 septembre
[Actu ...] Violences conjugales par Zabou Breitman
Zabou Breitman, via les Films du poisson et Arte, brise les préjugés et révèle, à travers des données chiffrées, l'effroyable réalité des violences conjugales.
Violences Conjugales
En parler, c'est déjà agir
Téléphonez au 3919
lundi 06 août
[Chut] L'arroseur canardé !
Lu sur Le Monde
Le Pentagone ignore ce que sont devenus 190 000 fusils d'assaut Kalachnikov ainsi que des pistolets fournis en 2004 et 2005 aux forces de sécurité en Irak, selon un rapport fédéral officiel décrypté, lundi 6 août, par le Washington Post. Le quotidien américain suppose que ces armes ont pu tomber entre les mains des insurgés qui combattent les troupes américaines.
Le rapport,
qui émane du Gouvernment accountability office (GAO) – l'équivalent de
la Cour des comptes – souligne que l'Etat major de l'armée américaine a
perdu trace de 30 % des armes distribuées aux forces irakiennes entre
2004 et début 2007. Jusqu'à présent, seules 14 000 armes manquaient à
l'inventaire, selon un rapport rendu public en 2006 par l'inspecteur
général américain pour la reconstruction de l'Irak.
"UN ENNEMI ÉQUIPÉ PAR LES CONTRIBUABLES AMÉRICAINS" ?
Le GAO estime que les Etats-Unis ont dépensé 19,2 milliards de dollars (13,8 milliards d'euros) pour financer les forces de sécurité irakiennes depuis 2003, dont au moins 2,8 milliards d'équipement. L'instance de contrôle de l'administration fédérale juge que la distribution des armes s'est faite à l'aveuglette et dans l'urgence, notamment en 2004 et 2005, lorsque l'entraînement des forces de sécurité était supervisé par le général David H. Petraeus, devenu depuis commandant en chef des forces américaines en Irak.
Le Pentagone n'a pas contesté les conclusions du GAO. Le Washington Post finit lui sur ces mots : "Même si les contrôles ont été resserrés depuis 2005, l'incapacité des Etats-Unis à suivre la trace de ces armes, en utilisant par exemple leur numéro de série, fait qu'il est impossible pour l'armée américaine de savoir si elle combat un ennemi équipé par les contribuables américains."
lundi 28 mai
[Santé] Don d’Ovocytes
Suite à la diffusion d'un coup de gueule de Laurence Boccolini, Tidine m'a laissé un commentaire qui m'a interpelé. Je me suis empressé de lui demander si elle accepterait de développer son parcours. Je n'en dis pas plus, elle le fait beaucoup mieux que moi. D'avance, merci Tidine !
Quand la Bridget Jones française (moi) suit un parcours PMA
Tout à commencer un jour banal où j’avais pris rendez-vous chez mon gynéco pour vérifier avec lui des examens sanguins qu’il m’avait prescrit. Je voulais prendre la pilule et comme j’avais un cycle irrégulier il voulait vérifier si tout allait bien. Et pourquoi que ça irait pas hein ? J’ai 26 ans j’ai eu ma fille (d’une première union) au bout de 5 mois et déjà à l’époque mon cycle était plus que capricieux… M’enfin c’est lui le médecin hein… J’ai réellement compris qu’il se passait quelque chose quand je l’ai vu devenir aussi blanc que sa blouse, lever les yeux plusieurs fois vers moi les reposer sur la feuille de résultats et me demander 3 fois mon âge.
A ce moment là me disait que c’est lui qui avait besoin de voir un médecin car il devait être touché par la maladie d’Alzheimer !! « vinnnnnnnnngt…siiiiiix… annns » que je lui disais au monsieur !! C’est là qu’il prit une grande inspiration « heu vous n’ovulez plus » moi « ah ??!! (petit rappel dans mon cerveau des cours de science nat’ du collège puis) heu qui dit pas d’ovulation dit pas de bébé ? hein ? » je priais pour qu’il me dise que je me trompais et qu’il aurait fallu que je sois plus assidue dans mes études mais il se contenta d’un simple « oui » « oula bin heureusement que j’suis assise… c’est pas facile à entendre hein ?? » « Je peux vous assurer que ce n’est pas plus facile à dire » et je le croyais sincèrement je crois même qu’il était plus anéantie que moi le pauvre !
Puis il me dit qu’on allait quand même revérifier les résultats « oui d’accord mais si c’est toujours les même ! Je fais comment moi si je veux des enfants » « on revérifie, après tout ça arrive qu’ils se trompent dans les labo » Je ne sais pas si il voulait se convaincre lui-même ou me convaincre dans tout les cas je lui répondis « ça non plus c’est pas très rassurant » et on échangea un petit sourire crispé… Puis forcément je quittais son cabinet avec une nouvelle ordonance à faire dans un autre laboratoire. Et c’est là à ce moment là que j’ai craqué seule dans ma voiture « Bordel de putain de merde : plus d’enfant ».
Je pensais à ma merveilleuse petite princesse et je me rappelai amèrement qu’après tout, quand je mettais séparé du père de ma fille j’avais dit haut et fort (trop au point qu’on m’ait entendu ?) que je n’en voulais plus d’enfants. Et oui j’avais été incapable de faire un remake de la petite maison dans la prairie version 2000 donc j’étais indigne d’être une « vrai » maman. En attendant cette pensée m’était revenue comme un boomerang sur la tête et ça fait mal… Pendant longtemps je n’allais pouvoir m’empêcher de pensée que c’était de ma faute d’ailleurs cela m’arrive encore de temps en temps… Bref j’eu les nouveaux résultats qui s’avérèrent identiques…
Mon gynéco m’annonça tristement que j’étais bien en ménopause précoce et que si je voulais de nouveau des enfants qu’il existait le don d’ovocytes Tiens j’le connaissais pas celui là et comme j’étais anesthésiée par la nouvelle je ne posai pas de questions… Il me donna les coordonnées d’une endocrinologue spécialisée dans la stérilité… Elle me confirma à notre 1er rendez-vous que j’étais en ménopause précoce (re aïe) qu’elle allait chercher ce qui « clochait » mais qu’il faudrait peut être envisager le don d’ovocytes mais on en parlera plus tard…
En sortant de son bureau j’étais anéantie : « pourquoi ? pourquoi moi ?? ma mère elle l’est même pas elle ménopausée !! c’est dégueulasse !! hein !!?? Pis bin maintenant je trouve plus ça cool de ne plus être réglée !! J’veux être une vrai femme mouaaaaaaaaaaa !!!! » Bin oui parce que du fait qu’on m’ait annoncé que je ne pouvais enfanter, ma féminité en prenait un grand coup… M’enfin c’était un de mes discours de déprime que je ressassais à mon chéri et aux copines. Et heureusement qu’ils étaient tous là pour me ramasser à la petite cuillère après les autres RDV que j’enchainais : me disait que mon p’tit gynéco de campagne ni connaissait p’t’être pas grand-chose donc je décidais de consulter des médecins sur Paris persuadée qu’eux serait meilleur.
Et je pus constater que non et surtout, que les médecins n’ont pas la science infusent et qu’ils peuvent se tromper… Mais ce fut pire que ce que je pouvais penser… Effectivement: soit certains ne savaient pas de quoi je leur parlais quand j’abordais le don d’ovocytes soit on était considéré comme un numéro qui devait les recontacter quand on aurait trouvé une donneuse… Mais c’est quoi une donneuse et pis c’est quoi exactement un don d’ovocyte et hop « tiens une plaquette explicative que vous lirez chez vous mais pas maintenant hein y a d’autres numéros après vous »…
Pfuuuuuuu bande de « bip ». Mais grâce à internet je découvris que 1) je n’étais pas seul 2) il existait des associations : wahouu (http://www.enfantskdos.fr/)
Je décidais quand même de retenter le coup et trouvais enfin un « bon » médecin qui nous demanda de nous inscrire dans un CECOS (Centre d’Etudes et de Conservation des Œufs et du Sperme humains) on aurait pu le faire depuis un an ½ si on nous l’avait dit bref… De nouveau on nous annonça la couleur : effectivement certains couples peuvent attendre jusqu’à 5 ans mais nous ne pouvons pas vous donner de délai car nous ne savons pas qu’elle « type » de donneuse va passer la porte « demain ». Ce qui n’est pas faut mais pour qu’une donneuse passe cette porte elle doit savoir que le don d’ovocytes existe et vu que les campagnes informatives sont quasi inexistantes c’est comme si on croyait encore à la petite souris…
Certaines de mes amies s’était proposées mais, comme je m’amuse à le dire, elles avaient un pet de travers (pas d’enfant, trop « âgées »…) il faut savoir que si l’on veut être une donneuse il faut :
- avoir moins de 36 ans (cela peut dépendre d’un CECOS à un autre…)
- être déjà mère d'un enfant,
- avoir l'accord de votre conjoint ou compagnon (pour les célibataires se renseigner directement dans le centre le plus près de son domicile...)
On donna des examens à faire à David et oui « ils » ne ce concentraient que sur moi mais « Elle » voulait aussi vérifier si il n’y avait pas de « problème » chez mon chéri : ouf tout était parfait.
J’étais rassurée d’être cette fois ci prise en « charge » mais cela ne me suffisait pas Je décidais d’adhérer à l’association des enfants kdos et je devins accro au forum : là j’étais comprise, soutenue et aidé dans mes démarches et oui Je pensais que le fait d’être inscrite dans un CECOS était suffisant et bien non on devait passer devant un juge et un psychologue. Grâce aux filles du forum (http://momofthegift.forumactif.com/index.htm) on a gagné un temps précieux dans nos démarches ce qui fait quand un mois on était inscrit au CECOS et que les RDV juge & psy était fait J ça c’était en octobre 2006 et le 11 décembre de cette même année coup de fil magique : on avait une donneuse pour nous en France !! On était aux anges !! Malheureusement après un transfert décalé on du m’annoncer qu’il était annulé car pas assez d’ovocytes pour moi qui était en 3ème position (il y avait 2 autres receveuses avant moi)… Voilà de nouveau on était redevenu un numéro que l’on classait… mais jusqu’à quand ?
Follicule
On a pas envie de le savoir et c’est pour ça que l’on a décider de partir à Chania en Crête pour la fin de l’année car là bas (toujours grâce à l’association) on sait que l’on ne saura pas considéré comme un numéro mais humainement J Bien sur cela a un coût mais tanpis on se sert la ceinture car on a vraiment envie de faire se voyage et de revenir avec des petits clandestins comme le disent les filles du forum ;o) On a fait une demande d’entente préalable auprès de la sécurité social pour que ma FIV soit remboursé , bien entendu sur la base des tarifs applicables en France soit entre 3000 et 4000 euros environ, et dans la limite des dépenses engagées. Pour eux cela ne changera rien par contre nous on gagnera un temps précieux (le délai pour un transfert est de 2 mois !!!) à devenir, on l’espère d’heureux parents J
mardi 08 mai
[Chut] Les filles sacrifiées d'Asie
DIRECTION L'ASIE
C'est un chiffre qui raconte à sa manière le drame silencieux des inégalités hommes-femmes en Chine : en 2006, si l'on met de côté les enfants atteints de pathologies, près de 98 % des enfants chinois proposés à l'adoption par Médecins du monde étaient des filles. "La plupart du temps, elles sont abandonnées dans les jours qui suivent la naissance, explique la pédiatre Geneviève André-Trevennec, qui dirige la mission adoption de MDM, la plus grosse oeuvre de France. Avec la politique de l'enfant unique, qui s'applique avec rigueur dans les villes, les parents ne veulent plus de fille car ce sont les garçons qui transmettent le nom et qui prennent en charge leurs parents lorsqu'ils vieillissent."
La Chine n'est pas le seul pays touché par cette préférence marquée en faveur des garçons : selon la démographe Isabelle Attané, l'Asie est devenue le "continent noir" des femmes. En raison des avortements sélectifs, des infanticides et du manque de soins apporté aux filles, il manquerait, selon elle, 90 millions de femmes en Asie. "Ces discriminations sont particulièrement marquées dans quatre pays : la Chine, l'Inde, le Pakistan et le Bangladesh", précise cette sinologue et démographe chargée de recherches à l'Institut national d'études démographiques (INED). "Les différences de traitement entre les filles et les garçons sont tellement fortes qu'elles ont modifié en profondeur les équilibres démographiques de la région", ajoute-t-elle.
Un simple chiffre permet de mesurer l'ampleur du problème : l'Asie est le seul continent au monde à compter plus d'hommes que de femmes. Leur espérance de vie étant plus élevée que celle de leurs compagnons, les lois de la nature voudraient que les hommes soient minoritaires dans tous les pays du monde. C'est le cas en Europe, qui recense 92,7 hommes pour 100 femmes, mais aussi en Amérique du Nord, en Amérique latine et aux Caraïbes, en Océanie et en Afrique. Seule l'Asie échappe à cette règle biologique : selon l'ONU, ce continent compte curieusement 103,9 hommes pour 100 femmes.
Cette anomalie démographique, dénoncée dès 1990 par l'économiste Amartya Sen, touche la Chine, l'Inde et le Pakistan mais aussi le Bangladesh, Taïwan ou la Corée du Sud. Si l'on appliquait à l'Asie un taux de masculinité "normal" de 98 hommes pour 100 femmes - pour le calculer, les démographes prennent en compte la proportion naturelle de filles et de garçons à la naissance, les différences de mortalité infantile entre les deux sexes et le décalage d'espérance de vie entre les hommes et les femmes -, ce continent compterait 90 millions de femmes supplémentaires...
Où sont passés ces millions de femmes ? "Ce sont des filles qu'on a empêché de naître, qui ont été tuées après la naissance ou qu'on a laissé mourir en bas âge", résume Bénédicte Manier dans Quand les femmes auront disparu ( La Découverte, 2006). Avec le développement de l'échographie, les familles d'Inde, de Chine, de Taïwan ou de Corée du Sud peuvent connaître le sexe de leur enfant avant la naissance. "
La Chine interdit d'identifier le sexe du foetus lors de l'échographie mais il suffit d'un signe du médecin pour savoir qu'il s'agit d'un garçon ou d'une fille", raconte Mme Attané, qui a publié, en 2005, Une Chine sans femmes ? (Perrin). "Aujourd'hui, dit-elle, on estime que plus de 500 000 foetus féminins sont ainsi supprimés tous les ans en Chine."
Ce culte du garçon, qui est de tradition en Asie, a été aggravé, depuis plusieurs décennies, par la réduction de la taille des fratries. Avec la politique chinoise de l'enfant unique et la baisse de la fécondité dans des pays comme l'Inde ou la Corée du Sud, le sexe des enfants est devenu un enjeu décisif. "Lorsque la fécondité était élevée, une famille se retrouvait rarement sans aucun garçon, remarque le démographe Gilles Pison dans une étude publiée en 2004 par Population et sociétés, une publication de l'INED. Avec six enfants, la probabilité de ne pas avoir de garçons est très faible, moins de 2 %. Avec deux enfants, en revanche, cette probabilité est proche d'un quart."
En Asie, les avortements sélectifs ont bouleversé l'équilibre entre les sexes à la naissance. Alors qu'en l'absence de discriminations, il naît 105 garçons pour 100 filles, certaines régions du continent affichent des taux de masculinité à la naissance plus que suspects. Selon Mme Attané, il naît aujourd'hui 117 garçons pour 100 filles en Chine et 111 en Inde. Dans certaines régions, les chiffres sont plus impressionnants encore : les Etats indiens du Pendjab et de l'Haryana ont recensé, en 1998-2000, 125 naissances de garçons pour 100 de filles. Dans les provinces chinoises du Jiangxi et du Guangdong, en 2000, le nombre de garçons avait atteint 138 pour 100 filles.
Les discriminations ne s'arrêtent pas à la naissance. Il suffit de comparer le taux de mortalité infantile des deux sexes pour comprendre qu'en Asie, les familles n'accordent pas le même prix à la vie d'un garçon et à celle d'une fille. En Europe, en Afrique et dans les Amériques, le taux de mortalité infantile masculin est toujours supérieur au taux féminin pour des raisons biologiques, mais l'Asie défie les lois naturelles en affichant - une nouvelle fois - un déséquilibre marqué en défaveur des filles. Au Bangladesh ou au Pakistan et surtout en Chine, leur taux de mortalité avant l'âge d'un an est nettement supérieur à celui des garçons.
Comment expliquer cette surmortalité des petites filles du continent asiatique ? "Elles sont tout simplement victimes de négligences dans le recours aux soins et l'alimentation, explique Isabelle Attané. Les protocoles vaccinaux sont mieux respectés s'il s'agit d'un garçon et, lorsqu'ils sont malades, on les emmène rapidement chez le médecin, alors que l'on tarde à le faire pour une fille." "La nourriture, elle aussi, est différente selon le sexe des enfants, précise-t-elle. En Asie, beaucoup de parents font tout pour conserver leur fils en bonne santé alors qu'ils considèrent qu'il est moins grave de perdre une fille."
Si les garçons sont des biens si précieux, c'est pour des raisons culturelles qui varient souvent d'un pays à l'autre. En Chine, les fils héritent des biens de la famille et, surtout, ils s'occupent de leurs parents lorsque le grand âge approche, une charge fondamentale dans un pays qui ne dispose d'aucun système organisé de retraite. En Inde, c'est la tradition de la dot qui porte malheur aux filles : lors de leur mariage, elles doivent apporter à leur belle-famille une somme importante qui oblige souvent les foyers modestes à s'endetter. Dans les régions hindouistes, seul un garçon peut embraser le bûcher funéraire de ses parents, ce qui leur permet d'échapper à l'errance éternelle.
Dans les décennies à venir, ce déséquilibre en faveur des garçons modifiera en profondeur le visage du continent asiatique. "Les garçons risquent d'en subir les effets tout au long de leur vie, notamment lorsqu'ils auront l'âge de se mettre en couple, souligne le démographe Gilles Pison dans Population et sociétés. Les filles, minoritaires, n'auront pas de difficultés à trouver un conjoint alors qu'une partie des garçons se retrouvera sans partenaire." Cette situation, qui suscite déjà des violences contre les femmes et des trafics d'épouses, se doublera d'une incertitude démographique : en donnant la préférence aux petits garçons, l'Asie invente une société qui comptera à l'avenir moins de femmes, et donc moins d'enfants... y compris de garçons.
Anne Chemin















